UNE PETITE HISTOIRE DE DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE À FOREST


Fin 2014, in tempore non suspecto, puisqu'on ne parle encore que d'un déménagement des prisons en 2017 ou 2018, la Commune ayant flairé la bonne affaire dessine les plans d'un quartier et de ses voiries en devenir. Mais des arbres gênent sa vision d'élargissement de la voirie. Qu'à cela ne tienne se dit-elle, on va proposer aux braves riverains qui y habitent un projet qu'on leur vendra facilement, après une petite « séance d'information »,comme une amélioration de leur cadre de vie.

Début 2015, les riverains n'en veulent pas et se rebiffent. Ils tiennent à leurs foutus arbres. En commission de « concertation », la Région, naïve et peut-être inconsciente de l'enjeu, recale le projet mal ficelé. Elle demande des justifications et des précisions quant à la nécessité et à l'importance des travaux à réaliser par VIVAQUA et SIBELGA (les impétrants) car la commune tente maintenant de justifier son projet par l'urgence de travaux à effectuer en voirie.


En 2015 et 2016, les travaux pour la nouvelle prison tardent à démarrer. La Commune a tout son temps. Mais, fin 2016, coup d'accélérateur car les travaux devraient bientôt commencer, le déménagement serait pour 2020 et surtout il y a des élections communales en 2018 et régionales en 2019. Elle secoue un peu les impétrants en vue d'une seconde commission de « concertation ». Cette fois, pour justifier l'abattage des arbres, elle fera porter le chapeau aux impétrants et cela, même si les arbres ne les gênent pas vraiment et que les précisions demandées quant à l'impact des travaux sur les arbres sont vagues ou erronées… Un petit habillage technique, et les riverains du quartier n'y verront que du feu...

Mais ceux-ci s'accrochent à leurs arbres. fin 2016, ils font des contre-propositions. On fait semblant de les écouter et pour le principe, on leur dessine un de leur plan (celui qui a le moins de chance de passer). Les riverains : « S'il vous plaît… dessine-moi un mouton ! ». La Commune : « Ça, c'est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans ». Mais à la commission de « concertation », les représentants de la Région ont cette fois été correctement briefés. L'enjeu est de taille : plus d'1 milliard, un des futurs plus gros chantiers dans la Région... Entre adultes responsables et à huis-clos, le projet de la Commune est adopté à l'unanimité.


Début 2017, les riverains peuvent bien faire un peu de ramdam dans la presse et à la télé locale tant que personne ne capte les réels enjeux, il n'y a pas de danger… Et puis pourquoi pas une petite interpellation citoyenne, cela fait partie du jeu, on a l'esprit ouvert... Cette fois la Commune, devant l 'évidence, ne leur répondra pas que c’était un projet pensé pour leur bien-être, ni que les impétrants demandaient l'abattage des arbres ; elle leur racontera que ce sont les vilaines racines qui soulèvent les trottoirs et l'asphalte et que de toutes façons, elle ne compte pas changer d'avis…

Le dossier arrivera au niveau supérieur, à la Région, pour l'approbation qui moyennant quelques retouches sera finalement donnée en septembre 2017. Cette fois-ci, le projet sera présenté comme un « plus » pour la sécurité des cyclistes...


Cela s'appelle la « démocratie participative ».


Développement durable


L'arbre en ville rend des services innombrables:

  • Ils contribuent à l’amélioration de notre santé en diminuant le stress.
  • Ils ont un effet tampon sur le climat en rafraîchissant les maisons en été tout permettant le passage du soleil en hiver. Ils absorbent l’humidité du sol.
    Ils apportent habitat et alimentation pour de nombreuses espèces d’insectes et d’oiseaux et contribuent à la conservation de la biodiversité.
    Ce sont des arbres mellifères qui au printemps fournissent les premiers les pollens nécessaires au redémarrage des colonies d’abeilles.
    Ils créent des couloirs écologiques qui mettent en relation les différents écosystèmes.
    Même limité, ils ont un rôle de captation du carbone et de libération d’oxygène.
    Non seulement pendant les pics de pollution, mais bien tout au long de l’année, ils épurent l’air pollué. Les feuilles fixent les polluants que sont les oxydes d’azote (NOx), les particules fines. Au niveau des racines, de nombreux polluants sont également métabolisés et neutralisés. Ce sont de vrais filtres biologiques.

  • Toutes les grandes villes essaient de planter plus d'arbres.

  • A Forest, c'est le contraire…



La commune de dé-Forest ?


« Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. » Cet aphorisme exprimé par quelques illustres hommes politique français a bien été assimilé par les nôtres ; même moins illustres.

Le développement durable, les réductions d'émissions de CO2, le respect de la nature pour les générations futures, ils lavent tous plus vert les uns que les autres.

Dans la réalité, les belles paroles de nos hommes et femmes politiques sont trop souvent contredites en Région de Bruxelles Capitale et tout particulièrement dans la Commune de Forest. Elle mériterait hélas d'être rebaptisée Commune de Dé-Forest vu sa propension à recourir aux tronçonneuses pour replanter systématiquement moins d'arbres et avec des espèces à plus petit développement.

Par exemple, lorsqu'il était à la manœuvre au niveau régional, le parti ECOLO promettait de planter 100. 000 arbres d'ici à 2020. Mais, dès que ce parti arrive au pouvoir au niveau communal il soutient la politique d'abattage des arbres...